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Jeudi 11 janvier
C’est ce soir que doit arriver le 4X4, qui revient nous chercher ; sera-t-il là ? pas de portable pour avoir des nouvelles.
Nous finissons l’examen bleu, trop facile pour certains, trop difficile pour d’autres, la différence vient surtout du niveau en français.
Je m’arrête aux latrines des instituteurs, et je demande aux enfants de rentrer à la maison. Il y a une porte en fer avec un verrou, ce qui est rare en brousse, et pas de toit. Il est midi, le soleil tape. J’entends un petit bruit et je réalise que je suis enfermée de l’extérieur
« Kadafi ? c’est toi ? » pas de réponse. Il n’a que 6 ans et ne parle pas encore le français. J’appelle… Je trouve le temps long et soudain Almadi arrive en courant. Kadafi est allé le chercher. Je le gronde un peu. Au village c’est un éclat de rire général : « Aliette a été mise en prison par Kadafi ».
Chantal vient partager une soupe en sachet. Nous apprécions la soupe chaude à midi.
les élèves de CM1 et CM2 qui ont fait des révisions avec nous pendant les vacances
Nous corrigeons les examens et donnons rendez-vous aux enfants à l’école. Nous leur remettons des cadeaux en essayant de récompenser les meilleurs et aussi ceux qui méritent des encouragements, dont une fille qui, d’après les autres, reste à l’école malgré la pression de son entourage.
Le directeur est de retour à moto. Il va repartir, ce soir, c’est la dernière soirée pour les instituteurs qui sont réunis à Tin-Akoff.et il y aura une fête.
les peuls sont des bergers
Egless vient me voir d’air grave, avec l’ex de Mama, qui parle mieux le français. Ils viennent m’annoncer qu’ils vont partir en Cote d’Ivoire. J’ai comme l’impression qu’ils se sentent obligés de me le dire.
« Que faire ici ? Ce n’est pas la saison des travaux des champs et on a besoin d’argent »
Le 4x4 est arrivé avec Boukari P. qui « ne pouvait pas abandonner les amazones ». Il a refusé une place à une femme enceinte qui habite Gorom-Gorom où il y a un hôpital : Elle voulait venir au village pour accoucher de son premier enfant. Comment faire comprendre à son mari que, si cela se passe mal, il sera loin de tout ? Le mari est là avec une moto et repartira pour Tin-Akoff avec le guide. C’est un nouveau guide, qui a envie d’aller à la fête des instituteurs.
Visite chez la femme d’Alphonse qui s’occupe d’une caisse de médicaments ou accompagne les femmes lorsqu’elles ont besoin de soins au dispensaire.
Je discute avec Egless et Al H « il ne faut pas tuer le mouton pour l’étranger, gardez l’argent que représenterait la vente d’une bête pour payer l’école, ou réparer le puits ». D'habitude, tradition d'accueil, on tue un mouton parce qu'un étranger arrive. Dans ce cas c'est Boukari l'étranger. J’explique à Boukari qu’il est mon invité, avec le chauffeur, et que j’ai demandé de ne pas tuer de mouton, ce qu’il comprend.
dernière soirée
Nous aurons seulement des spaghettis. Je leur prépare un bol qui leur parait petit mais finalement « il est profond ». Cela leur rappelle la vie dans leur village quand ils étaient jeunes.
La soirée a été riche en débats. Boukari était là en ami mais il aimerait bien que les petites filles aillent à l’école.
« Elle est née pour me piler mon mil » dit une maman d’une jolie petite fille. Tarhia n’a pas l’air d’accord. Enverra-t-elle ses filles à l’école ?
Elles nous parlent aussi des cours d’alphabétisation, en Tamachecq, pour les femmes.
école pour l'alphabétisation
Un bâtiment a été construit, sorte de préau avec un grand tableau noir et une pièce pour y ranger les bancs. On retrouve cette même construction un peu partout. C’est un programme national mais dans la langue de l’ethnie de chaque village. Elles évoquent le problème des « perdiems », indemnités en sac de mil qu’elles reçoivent pour les encourager à suivre les cours, sortes d’indemnité de déplacement des fonctionnaires appliquée aux femmes ou aux paysans. J’avais découvert ce fonctionnement lors du congrès de l’AFDI à Moundasso, Dédougou, en février 2001.
Boukari, en poste à Gorom-Gorom, aurait aimé apprendre le Tamachecq et propose à une jeune femme parlant le français de la faire venir à Gorom-Gorom et de la payer pour qu’elle lui donne des cours. Ce qu’elle refuse, elle voudrait partir en Côte d’Ivoire.
« La côte d’Ivoire ? Pour mettre vos vies en danger ? Avec les conflits entre les Ivoiriens et les Burkinabé ». Quelques conseils discrets sur la lutte contre le SIDA. Tant de jeunes reviennent avec le SIDA. A Ouaga, nous avions achetés des livres sur le Sida dans la collection Auteur Africains Juniors. www.educationsida.com . On les trouve aussi en France. Ils sont fait pour l’Afrique.
Mes invités seront hébergés dans le hangar chez le délégué.
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